dimanche, 19 juin 2005

Solstice

I know that the solstice of summer is not today, but since there was some ones which were celebrated satursday, I hope that all my pagans friends enjoy it.
Je sais que la date du solstice d'été n'est pas encore venue, mais comme je sais qu'il y a eu quelques fêtes ce week-end à cette occasion, j'en profite pour souhaiter à mes amis païens un joyeux solstice.
Bacchus et Midas, par Poussin (détail)

mardi, 14 juin 2005

Leclerc

Jamais un blog n'aura jamais aussi bien porté son nom. Dieu que le monde de l'épicerie est repoussant.

mercredi, 08 juin 2005

Mercredi ratant

Traditionnal working day.

Une journée épuisante, comme d'habitude. Commencée relativement tôt pour rien à cause de la météo. Beaucoup de café. Servi de taxi en soirée pour aller à Toulon. Mon petit frère est en train de monter un business en Espagne d'après ce que j'ai compris. Trouvé une nouvelle insulte, entre pébron et escargot : "bigorneau". Quelques liens en vrac : le blog Sombreval, les soirées Electrachic (nous aussi sur la Côte on a des nids de tradi-milis, mais ils sortent assez peu de Toulon, Dieu merci), il semblerait qu'on puisse télécharger les symphos de Beethov' sur Radio-Londres - mais moi j'y arrive pas. J'ai aussi découvert que ce que je prenais pour un nouveau Patrol n'est que le nouveau Pathfinger/Terrano, dont je trouve le design très réussi, tout à fait à la hauteur de son ancêtre des années 80 et de son concurrent britannique, le Discovery.

mardi, 31 mai 2005

Relativisme & engagement (B XVI)

Note doctrinale sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique


La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, après avoir pris, entre autres, l'avis du Conseil pontifical pour les laïcs, a jugé opportun de publier la Note doctrinale, que voici, à propos de questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique. Cette Note s'adresse aux évêques de l'Église catholique, mais surtout à tous les fidèles laïcs appelés à participer à la vie publique et politique des sociétés démocratiques.

Cette note de la Congrégation mettra fin à de pénibles ambiguïtés : elle ne craint pas de condamner le soutien à des partis politiques dont les orientations sur des questions fondamentales sont en contradiction avec des principes de la conscience chrétienne. Légitime, le pluralisme des choix ne peut être "indéterminé" au prétexte qu'aucun parti politique n'est parfait. La doctrine sociale de l'Église est fondée sur une "juste conception de la personne" qui doit donner sa "cohérence" à tout jugement et à toute responsabilité politiques.

Le document romain expose le jugement de l'Église sur l'évolution de la démocratie, sur les priorités politiques et morales qui doivent structurer un engagement politique chrétien (le respect de la vie, la liberté des personnes et des groupes, la famille, la paix) et sur l'unité de vie du citoyen, électeur ou élu, dont la volonté ne peut désobéir à la conscience.

Intransigeance objective sur les finalités, mais prudence contingente dans les moyens : l'enseignement politique de l'Église est une conscience et une méthode, pas le catalogue contraignant de principes plus ou moins négatifs auquel on l'a souvent réduit. Par leur caractère objectif, la vie politique et l'engagement catholique relèvent tous deux d'une démarche commune qu'une saine laïcité doit garantir. Une manière de rappeler que la foi n'est pas une démarche irrationnelle, mais un don de Dieu à l'homme tout entier.

Après Christifideles laici et Evangelium vitae, ce texte du Magistère constituera une référence déterminante pour les catholiques engagés dans la Cité. Grâce soit rendue à l'Église pour de tels éclairages qui aident les baptisés à progresser au service du bien commun.

Philippe de Saint-Germain,
délégué général de la Fondation de Service Politique.



NOTE DOCTRINALE SUR L'ENGAGEMENT ET LE COMPORTEMENT DES CATHOLIQUES DANS LA VIE POLITIQUE

1. Un enseignement constant

1. En deux mille ans d'histoire, l'engagement du chrétien dans le monde s'est réalisé de manières diverses. L'une d'elle a été la participation à l'action politique: les chrétiens, affirmait un écrivain ecclésiastique des premiers siècles, “participent à la vie publique comme citoyens”[1]. L'Église vénère, parmi ses saints, bien des hommes et des femmes qui ont servi Dieu par leur engagement généreux dans les activités politiques et de gouvernement. Parmi ceux-ci, S. Thomas More, proclamé Patron des Gouvernants et des Politiciens, a su témoigner jusqu'à la mort “la dignité inaliénable de la conscience”[2]. Il a refusé tout compromis, bien que soumis à diverses formes de pression psychologiques. Sans renier “la fidélité constante à l'autorité et aux institutions légitimes” qui l'avait distingué, il a affirmé par sa vie et sa mort, que “l'homme ne peut séparer de Dieu, ni la politique, ni la morale”[3].

Les sociétés démocratiques actuelles, où, demeure appréciable le fait que tous participent à la gestion de la “chose publique” dans un climat de vraie liberté[4], demandent des formes de participation à la vie publique nouvelles et plus larges de la part des citoyens qu'ils soient chrétiens ou non chrétiens. En effet, tous peuvent contribuer, par leur vote, à l'élection des législateurs et des gouvernants. Il peuvent aussi par d'autres moyens de participer à l'élaboration des orientations politiques et des choix législatifs qui, selon eux servent le mieux le bien commun[5]. La vie, dans un système politique démocratique, ne pourrait se dérouler de manière profitable sans un engagement actif, responsable et généreux de tous. Encore que cela implique “une diversité et une complémentarité des formes, des niveaux, des devoirs et des responsabilités”[6].

“Les fidèles laïcs qui, guidés par la conscience chrétienne”[7], accomplissent les devoirs civils communs selon les valeurs conformes à cette conscience, accomplissent aussi leur tâche d'animer chrétiennement l'ordre temporel. Ils en respectent la nature et la légitime autonomie[8]. Ils coopèrent avec les autres citoyens, selon leur compétence de laïcs et sous leur propre responsabilité[9]. Il résulte de cet enseignement fondamental du Concile Vatican II que “ les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique'. C'est-à-dire à l'action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle qui a pour but de promouvoir organiquement et par les institutions le bien commun”[10]. Ce bien commun inclut la défense et la promotion de réalités telles que l'ordre public et la paix, la liberté et l'égalité, le respect de la vie humaine et de l'environnement, la justice, la solidarité, etc.

La présente Note ne prétend pas proposer de nouveau l'entièreté de l'enseignement de l'Église sur le sujet; celui-ci a d'ailleurs été résumé pour l'essentiel dans le Catéchisme de l'Église catholique. Elle veut simplement rappeler quelques principes qui inspirent la conscience chrétienne, dans l'engagement social et politique des catholiques dans les sociétés démocratiques[11]. En effet, ces derniers temps, le cours rapide des événements a souvent provoqué l'émergence d'orientations ambiguës et de positions contestables, qui rendent utile la clarification de dimensions et d'aspects importants de cette thématique.

II. Quelques points essentiels dans le débat culturel et politique actuel

2. La société civile se trouve aujourd'hui dans un processus culturel complexe qui signale la fin d'une époque et l'incertitude pour les temps nouveaux qui pointent à l'horizon. Les grandes conquêtes auxquelles on assiste, invitent à vérifier quel cheminement positif l'humanité a accompli dans le progrès et dans l'acquisition de conditions de vie plus humaines. La croissance de responsabilité vis-à-vis des pays encore en voie de développement est certainement un signe de grande importance. Ceci démontre la sensibilité croissante pour le bien commun. Il n'est cependant pas possible de taire, à ce propos, les graves dangers de certaines tendances culturelles, qui, par le biais des législations, voudraient orienter les comportements des futures générations.

On constate aujourd'hui un certain relativisme culturel qui se révèle dans sa nature comme un système et une défense d'un pluralisme éthique favorable à la décadence et à la dissolution de la raison et des principes de la loi morale naturelle. Suite à cette tendance, il n'est malheureusement pas rare de rencontrer, dans des déclarations publiques, des assertions qui soutiennent qu'un tel pluralisme éthique est la condition de la démocratie[12]. Il en résulte d'une part, que les citoyens revendiquent, pour leurs propres choix moraux, la plus complète autonomie, tandis que de l'autre, les législateurs se voient obligés de respecter cette liberté de choix. À ce propos, ils formulent des lois qui font fi des principes de l'éthique naturelle plutôt soumises à des orientations culturelles ou morales transitoires[13], comme si toutes les conceptions possibles de la vie avaient une égale valeur. En même temps, on invoque de manière trompeuse la valeur de la tolérance, et on demande à une bonne partie des citoyens - entre autres aux catholiques - de renoncer à participer à la vie sociale et politique de leur propre pays selon la conception de la personne et du bien commun qu'ils pensent humainement vraie et juste ; la conception qu'ils pensent devoir être réalisée par les moyens permis, légalement mis à la disposition de tous les membres de la communauté politique par le système juridique démocratique. Ils ont raison les citoyens qui jugent complètement fausse la thèse relativiste pour laquelle une norme morale enracinée dans la nature même de l'être humain n'existe pas. L'histoire du XXe siècle l'a montré. Toute conception de l'homme, du bien commun, de l'État doit se soumettre au jugement de cette norme morale.

3. Cette conception relativiste du pluralisme n'a rien à voir avec la légitime liberté qu'ont les citoyens catholiques de choisir, parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi morale naturelle, celle qui correspond le mieux aux exigences du bien commun, selon leur critère propre. La liberté politique n'est pas fondée sur l'idée relativiste selon laquelle toutes les conceptions du bien de l'homme ont la même vérité et la même valeur. Elle ne peut être fonder la-dessus, mais plutôt sur le fait que les activités politiques visent au coup par coup, à des réalisations extrêmement concrètes du vrai bien humain et social, dans un contexte historique, géographique, économique, technologique et culturel bien déterminé. La réalisation concrète et la diversité des circonstances engendrent généralement une pluralité d'orientations et de solutions. Cependant, celles-ci doivent être moralement acceptables. Il n'appartient pas à l'Église de formuler des solutions concrètes - et encore moins des solutions uniques - pour des questions temporelles que Dieu a laissées au jugement, libre et responsable, de chacun. Par contre, quand la foi et la loi morale le requièrent[14], elle a le droit et le devoir d'exprimer des jugements moraux sur des réalités temporelles. Si le chrétien est tenu “d'admettre la légitime multiplicité et diversité des options temporelles”[15], il est aussi appelé à s'opposer à une conception du pluralisme adaptée au relativisme moral nocive à la vie démocratique elle-même. La vie démocratique a besoin de fondements vrais et solides, c'est-à-dire de principes éthiques que leur nature et leur rôle de fondement de la vie sociale rendent non “négociables”.

Sur le plan de la “militance” politique concrète, il faut noter le caractère contingent de certains choix sociaux, le fait que souvent diverses stratégies sont possibles pour réaliser ou garantir une même valeur fondamentale, la possibilité d'interpréter de manière différente certains principes qui sont à la base de la théorie politique, et aussi la complexité technique d'une bonne partie des problèmes politiques ; tout cela explique le fait qu'il puisse y avoir généralement une pluralité de partis à l'intérieur desquels les catholiques puissent choisir de militer, pour exercer, - surtout à travers la représentation parlementaire - leur droit-devoir de participer à la construction de la vie civile de leur pays[16]. Ce constat évident ne peut cependant être confondu avec un pluralisme indéterminé dans le choix des principes moraux et des valeurs fondamentales auxquels on se réfère. La légitime pluralité des options temporelles garde intacte la matrice dont provient l'engagement des catholiques dans la politique, et celle-ci renvoie directement à la doctrine morale et sociale chrétienne. C'est à cet enseignement que les laïcs catholiques doivent toujours se confronter pour être certains qu'une responsabilité cohérente vis-à-vis des réalités temporelles marque leur participation à la vie politique.

L'Église est consciente que la voie de la démocratie si, d'un côté, elle exprime le mieux la participation directe des citoyens aux choix politiques, n'est possible, de l'autre côté, que dans la mesure où elle est fondée sur une juste conception de la personne[17]. Sur ce principe l'engagement des catholiques ne peut céder à aucun compromis. Sinon, c'est le témoignage de la foi chrétienne dans le monde qui serait atteint, ainsi que l'unité et la cohérence intérieure des fidèles eux-mêmes. La structure démocratique sur laquelle se construit un État moderne, serait plutôt fragile si elle ne prenait pas comme fondement la centralité de la personne. De fait, seul le respect de la personne rend possible la participation démocratique. Comme l'enseigne le Concile Vatican II, “la garantie des droits de la personne est, en effet, une condition indispensable pour que les citoyens, individuellement ou en groupe puissent participer activement à la vie et à la gestion des affaires publiques”[18].

4. Ainsi, les problématiques actuelles se déploient en une intrication complexe, qui est sans commune mesure avec les thématiques des siècles passés. Le progrès de la science a, en effet permis d'atteindre des objectifs qui ébranlent les consciences et obligeraient à trouver des solutions capables de respecter les principes éthiques d'une manière cohérente et solide. Par contre, on assiste à des tentatives de législation qui veulent briser l'intangibilité de la vie humaine et qui ne se soucient pas des conséquences qui en dérivent dans la formation de la culture et des comportements sociaux, pour l'existence et l'avenir des peuples.
Les catholiques ont le droit et le devoir d'intervenir dans ce déferlement, pour rappeler au sens le plus profond de la vie et à la responsabilité qui incombe à tous en cette matière. Dans la continuité à l'enseignement constant de l'Église, Jean-Paul II a maintes fois répété que ceux qui sont engagés directement dans les instances législatives ont “une obligation grave et précise de s'opposer” à toute loi qui s'avère un attentat à la vie humaine. Pour eux, comme pour tout catholique, existe l'impossibilité de participer à une campagne en leur faveur, et il n'est permis à personne de les soutenir par son vote[19]. Comme l'a enseigné le Pape lui-même, dans la Lettre encyclique Evangelium vitae, à propos du cas où il ne serait pas possible de conjurer ou d'abroger complètement une loi abortiste déjà en vigueur ou mise aux voix, cela n'empêche pas qu'un parlementaire dont l'opposition personnelle absolue à l'avortement serait manifeste et connue de tous, puisse licitement apporter son soutien à des propositions visant à “limiter les préjudices [souligné dans le texte, Ndlr] d'une telle loi et à en diminuer les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique”[20]

Dans ce contexte, il est nécessaire d'ajouter, que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne de favoriser par son vote, la mise en acte d'une loi ou d'un programme politique, dans lequel les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détruits par la présence de propositions qui leurs sont alternatives ou opposées. Parce que la foi est constituée comme une unité infrangible, il n'est pas logique d'isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique. L'engagement politique en faveur d'un aspect isolé de la doctrine sociale de l'Église ne suffit pas à épuiser la responsabilité pour le bien commun. Le catholique ne peut penser non plus à déléguer à d'autres l'engagement chrétien qu'il a reçu de l'Évangile de Jésus-Christ, pour que la vérité sur l'homme et sur le monde puisse être annoncée et rejointe.

Quand l'action politique se confronte avec des principes moraux qui ne permettent pas de dérogation, d'exception, ni aucun compromis, alors l'engagement politique des catholiques devient plus évident et chargé de responsabilités. En face de ces exigences éthiques fondamentales, auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent savoir en effet qu'est en jeu l'essence de l'ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. C'est le cas, par exemple, des lois civiles en matière d'avortement et d'euthanasie (à ne pas confondre avec le renoncement à l'acharnement thérapeutique, qui du point de vue moral est aussi légitime). Ces lois doivent protéger le droit primordial à la vie à partir de la conception jusqu'à son terme naturel. De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter l'embryon humain et de protéger ses droits. De façon analogue, il faut sauvegarder la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et la préserver dans son unité et sa stabilité, en face des lois modernes sur le divorce : d'autres formes de convivence ne peuvent lui être égalée juridiquement en aucune manière, ni recevoir en tant que telles une reconnaissance légale. De même, la garantie de la liberté d'éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autre par les Déclarations internationales des droits de l'homme. On devrait penser aussi à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d'esclavage (par exemple, la drogue et l'exploitation de la prostitution). On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d'une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que “les droits de toutes les personnes, des familles et des groupes, ainsi que leur exercice, soient reconnus, respectés et valorisés”[21]. Comment ne pas voir, enfin, dans cette exemplification le grand thème de la paix. Une vision irénique et idéologique tend, parfois, à séculariser la valeur de la paix, tandis que dans d'autres cas, on entérine un jugement éthique sommaire, oubliant la complexité des raisons en cause. La paix est toujours “œuvre de la justice et effet de la charité”[22], elle exige le refus radical et absolu de la violence et du terrorisme et demande un engagement constant et attentif de la part de ceux qui ont la responsabilité politique.

III. Principes de la doctrine catholique sur la laïcité et le pluralisme

5. S'il est permis de penser à l'utilisation d'une pluralité de méthodologies reflétant des sensibilités et des cultures différentes en face de ces problématiques, aucun fidèle chrétien ne peut certes en appeler au principe du pluralisme et de l'autonomie des laïcs en politique pour favoriser des solutions de compromis qui compromettent ou atténuent la sauvegarde des exigences éthiques fondamentales pour le bien commun de la société. En soi, il ne s'agit pas de “valeurs confessionnelles”. En effet ces exigences éthiques s'enracinent dans l'être humain et appartiennent à la loi morale naturelle. Elles n'exigent pas que celui qui les défend, professe la foi chrétienne, même si la doctrine de l'Église les confirme et les protège toujours et partout, comme service désintéressé à la vérité sur l'homme et au bien commun de la société civile. D'autre part, on ne peut nier que la politique doit aussi se référer à des principes qui possèdent une valeur absolue justement parce qu'ils sont au service de la dignité de la personne et du vrai progrès humain.

6. L'appel, qui revient souvent, à propos de la “laïcité” et qui devrait guider l'engagement des catholiques, demande une clarification, et pas seulement au niveau terminologique. La promotion en conscience du bien commun de la société politique n'a rien à voir avec le “confessionalisme” ou l'intolérance religieuse. Pour la doctrine morale catholique la laïcité est comprise comme une autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique,- mais pas par rapport à la sphère morale. C'est une valeur, reconnue par l'Église, que l'on acquiert et qui fait partie du patrimoine de civilisation obtenu[23]. Jean-Paul II a mis en garde plusieurs fois contre les périls qu'entraîne toute confusion entre la sphère religieuse et la sphère politique. “Elles sont très délicates les situations dans lesquelles une norme spécifiquement religieuse devient, ou tend à devenir, loi de l'État, sans que l'on tienne suffisamment compte de la distinction entre les compétences religieuses et celles de la société politique. En fait, identifier la loi religieuse avec la loi civile peut effectivement étouffer la liberté religieuse et même limiter ou nier d'autres droits humains inaliénables[24]. Tous les fidèles sont bien conscients que les actes spécifiquement religieux (profession de la foi, accomplissement des actes de culte ou des sacrements, doctrines théologiques, communication entre les autorités religieuses et les fidèles, etc.) tombent hors de la compétence de l'État. Ce dernier ne doit pas s'en mêler, il ne peut en aucune manière y obliger ou les empêcher, en dehors des exigences fondées sur l'ordre public. La reconnaissance des droits civils et politiques et la répartition des services publics ne peuvent dépendre de convictions ou prestations de nature religieuse de la part des citoyens.

Les citoyens catholiques ont le droit et le devoir, comme tous les autres, de rechercher sincèrement la vérité, de promouvoir et de défendre par tous les moyens licites, les vérités morales sur la vie sociale, la justice, la liberté, le respect de la vie et les autres droits de la personne. Le fait que certaines de ces vérités soient aussi enseignées par l'Église ne réduit en rien la légitimité civile et la laïcité de l'engagement de ceux qui se reconnaissent en elles, indépendamment du rôle joué par la recherche rationnelle et la confirmation reçue de la foi, dans la manière de les connaître. La “laïcité”, en effet, désigne en premier lieu l'attitude de celui qui respecte les vérités qui procèdent de la connaissance naturelle sur l'homme vivant en société. Peu importe que ces vérités soient enseignées aussi par telle ou telle religion particulière puisque la vérité est une. Ce serait une erreur de confondre la juste autonomie que les catholiques doivent avoir en politique, avec la revendication d'un principe indépendant de l'enseignement moral et social de l'Église.

Par son intervention dans ce domaine, le Magistère de l'Église ne veut pas exercer un pouvoir politique ni éliminer la liberté d'opinion des catholiques sur des questions contingentes. Il veut au contraire - comme c'est son devoir - former et illuminer la conscience des fidèles, surtout quand ils se consacrent à un engagement dans la vie politique pour que leur action reste toujours au service de la promotion intégrale de la personne et du bien commun. L'enseignement social de l'Église n'est pas une ingérence dans le gouvernement des différents pays. Il propose certainement un devoir moral de cohérence pour les fidèles laïcs, à l'intérieur de leur conscience, une et unique. “Dans leur existence, il ne peut y avoir deux vies parallèles, d'un côté la vie qu'on nomme ‘spirituelle' avec ses valeurs et ses exigences; et de l'autre, la vie dite “séculière”, c'est-à-dire la vie de famille, de travail, de rapports sociaux, d'engagement politique, d'activités culturelles. Le sarment greffé sur la vigne qui est le Christ, donne ses fruits en tout secteur de l'activité et de l'existence. Tous les secteurs de la vie laïque, en effet, rentrent dans le dessein de Dieu, qui veut comme “lieu historique” de la révélation et de la réalisation de la charité de Jésus-Christ à la gloire du Père et au service des frères. Toute activité, toute situation, tout engagement concret - comme, par exemple, la compétence et la solidarité dans le travail, l'amour et le dévouement dans la famille et dans l'éducation des enfants, le service social et politique, la présentation de la vérité dans le monde de la culture - tout cela est une occasion providentielle pour “un exercice continuel de la foi, de l'espérance et de la charité”[25].

Vivre et agir politiquement en conformité avec sa conscience ne revient pas à un entérinement servile de positions étrangères à l'engagement politique ou d'une forme de confessionalisme. C'est plutôt, l'expression par laquelle les chrétiens offrent leur contribution cohérente pour qu'à travers la politique s'instaure un ordre social plus juste et plus adéquat à la dignité de la personne humaine.

Dans les société démocratiques, toutes les propositions sont librement évaluées et discutées. Ils entérineraient une forme de laïcisme intolérant, ceux qui, au nom de la conscience individuelle, voudraient voir dans le devoir moral qu'ont les chrétiens d'être cohérents avec leur conscience, un signal pour les disqualifier politiquement et leur refuser le droit d'agir en politique conformément à leurs convictions sur le bien commun. Dans cette perspective, on nierait non seulement toute importance politique et culturelle à la foi chrétienne, mais aussi la possibilité même d'une éthique naturelle. S'il en était ainsi, la voie serait ouverte à une anarchie morale qui ne pourrait jamais être identifiée avec aucune forme de pluralisme légitime. La domination du plus fort sur le faible serait la conséquence évidente d'un tel choix de société. D'autre part, la marginalisation politique du christianisme ne pourrait servir à l'avenir d'une société telle qu'on en fait le projet, ni à la concorde entre les peuples. Au contraire, cela minerait les fondements mêmes de la civilisation au niveau culturel et spirituel[26].

IV. Considérations sur des aspects particuliers

7. Dans des circonstances récentes, il est arrivé que même à l'intérieur d'associations ou d'organisations politiques chrétiennes, émergent des orientations en faveur de forces et mouvements politiques, qui ont pris, sur des questions politiques fondamentales, des positions contraires à l'enseignement moral et social de l'Église. De tels choix et leur ratification, parce qu'ils sont en contradiction avec des principes fondamentaux de la conscience chrétienne, ne sont pas compatibles avec l'appartenance à des associations ou à des organisations qui se définissent comme catholiques. De manière analogue, il faut relever que, dans certains pays, des revues et des périodiques catholiques ont donné à leurs lecteurs une orientation ambiguë et incohérente, à l'occasion de choix politiques. Ils ont interprété de manière équivoque le sens de l'autonomie catholique en politique, sans prendre en considération les principes auxquels on devrait se référer.

La foi en Jésus-Christ, qui s'est défini lui-même comme “la voie, la vérité et la vie” (Jn 14,6), demande aux chrétiens un effort pour s'insérer, avec un engagement majeur, dans la construction d'une culture qui, sous l'inspiration de l'Évangile, propose à nouveau le patrimoine de valeurs et le contenu de la Tradition catholique. La nécessité de présenter en termes contemporains, le fruit de l'héritage spirituel, intellectuel et moral du catholicisme, paraît aujourd'hui marquée par une urgence qu'on ne peut reporter. Sinon, on risquerait une dispersion culturelle des catholiques. D'ailleurs, la densité culturelle acquise et la maturité d'expérience de l'engagement politique que les catholiques ont réussi à développer, dans divers pays, surtout dans les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale, ne peuvent susciter en eux aucun complexe d'infériorité en face d'autres propositions dont l'histoire récente a démontré la faiblesse ou l'échec radical. Il ne faut pas penser, ce serait réducteur, que l'engagement des catholiques puisse se limiter à une simple transformation des structures. En effet, si à la base il n'y a pas une culture capable de recevoir, de justifier et de transformer en projets les exigences qui dérivent de la foi et de la morale, les transformations reposeront toujours sur des fondements fragiles.

La foi n'a jamais prétendu emboutir dans un schéma rigide les contenus sociaux-politiques. Elle est consciente que la dimension historique du vécu de l'homme impose de tenir compte de situations imparfaites et souvent en rapide mutation. Dans cette ligne, il faut rejeter les positions politiques et les comportements inspirés d'une vision utopiste. Cette vision, transformant la tradition de la foi biblique en une espèce de prophétisme sans Dieu, instrumentalise le message religieux, en dirigeant la conscience vers une espérance seulement terrestre qui annule ou réduit la tension chrétienne vers la vie éternelle.

En même temps, l'Église enseigne qu'il n'existe pas d'authentique liberté sans la vérité. “La vérité et la liberté se conjuguent ensemble, ou bien elles périssent misérablement ensemble”, a écrit Jean-Paul II[27]. Dans une société où la vérité n'est pas recherchée, où on ne cherche pas à la rejoindre, toute forme d'exercice authentique de la liberté est aussi affaiblie. Cela ouvre la voie à un libertinisme et à un individualisme qui nuisent à la protection du bien de la personne et de la société entière.

8. À ce propos il est bon de rappeler une vérité qui n'est pas toujours perçue et n'est pas formulée comme il se doit dans l'opinion publique commune: le droit à la liberté de conscience et spécialement à la liberté religieuse, proclamé par la Déclaration Dignitatis humanae du Concile Vatican II, se fonde sur la dignité ontologique de la personne humaine, et non certes sur une égalité entre les religions, ou entre les systèmes culturels humains[28]. Cette égalité n'existe pas. Dans la même ligne, le Pape Paul VI a affirmé que “le Concile ne fonde en aucune manière ce droit à la liberté religieuse sur le fait que toutes les religions et toutes les doctrines, même erronées, auraient une valeur plus ou moins égale; il le fonde, au contraire, sur la dignité de la personne humaine, qui requiert de n'être pas soumise à des contraintes extérieures qui tendent à opprimer la conscience dans sa recherche de la vraie religion et sa soumission à celle-ci”[29]. L'affirmation de la liberté de conscience et de la liberté religieuse ne contredit donc pas du tout la condamnation de l'indifférentisme et du relativisme religieux de la part de la doctrine catholique[30]au contraire elle est pleinement cohérente avec elle.

V. Conclusion

9. Les orientations données dans cette Note veulent éclairer un des aspects les plus importants de l'unité de la vie chrétienne, rappelée par le Concile Vatican II: la cohérence entre la foi et la vie, entre l'Évangile et la culture. Le Concile exhorte les fidèles à “remplir avec zèle et fidélité leurs tâches terrestres, en se laissant conduire par l'esprit de l'Évangile. Ils s'éloignent de la vérité ceux qui, sachant que nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais que nous marchons vers la cité future, croient pouvoir, pour cela, négliger leurs tâches humaines sans s'apercevoir que la foi même, compte tenu de la vocation de chacun, leur en fait un devoir pressant”. Que les fidèles soient désireux de pouvoir “mener leurs activités terrestres en unissant dans une synthèse vitale tous les efforts humains et familiaux, professionnels, scientifiques, techniques, avec les valeurs religieuses sous la souveraine ordonnance desquelles tout se trouve coordonné à la gloire de Dieu”[31].

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, durant l'audience du 21 novembre 2002, a approuvé et ordonné la publication de cette Note, qui avait été décidée par la Session ordinaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 24 novembre 2002, Solennité du Christ Roi de l'Univers.

+ JOSEPH CARD.RATZINGER,
Préfet.
+ TARCISIO BERTONE, S.D.B.
Archevêque émérite de Verceil, Secrétaire.



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Notes

[1] Lettre À DIOGNÈTE, 5,5. Cf. aussi Catéchisme de l'Église Catholique, n. 2240
[2] JEAN-PAUL II, Lett. apost. Motu proprio pour la proclamation de S. Thomas More Patron des Gouvernants et des Politiciens, n. 1, AAS 93 (2001) 76-80
[3] Ibid. , n. 4.
[4] Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 31; Catéchisme de l'Église Catholique, n. 1915.
[5] Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 75.
[6] JEAN-PAUL II, Exhort. apost. Christifideles laici, n. 42, AAS 81 (1989)393-521. La présente note doctrinale se rapporte évidemment à l'engagement politique des fidèles laïcs. Les Pasteurs ont le droit et le devoir de proposer les principes moraux également sur l'ordre social; “toutefois la participation active dans les partis politiques est réservée aux laïcs” (JEAN_PAUL II, Exhort. apost. Christifideles laici, n. 60). Cf. aussi CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ, Directoire pour le ministère et la vie des prêtres, 31-I- 1994, n. 33.
[7] CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 76.
[8] CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 36
[9] Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Décr. Apostolicam actuositatem, n. 7. Const. dogm. Lumen Gentium, n. 36 et Const. past. Gaudium et spes, n.31 et 43.
[10] JEAN-PAUL II, Exhort. apost. Christifideles laici, n. 42.
[11] Dans les derniers siècles, le Magistère de l'Église s'est occupé plusieurs fois des questions principales qui regardent l'ordre social et politique. Cf. LEON XIII, Encycl. Diuturnum illud, ASS 14 (1881/82) 4ss; Encycl. Immortale Dei, ASS 18 (1885/86) 162ss; Encycl. Libertas praestantissimum, ASS 20, (1887/88) 593ss; Encycl. Rerum novarum, ASS 23 (1890/91) 643 ss; BENOIT XV, Encycl. Pacem Dei munus pulcherrimum, AAS 12 (1920) 209ss; PIE XI, Encycl. Quadragesimo anno, AAS 23 (1931) 190 ss; Ep. Encycl. Mit brennender Sorge, AAS 29 (1937) 145-167; Encycl. Divini redemptoris, AAS 29 (1937) 78 ss.; PIE XII, Encycl. Summi Pontificatus, AAS 31 (1939) 423ss; Radio-messages de Noël 1941-1944; JEAN XXIII,Encycl. Mater et Magistra, AAS 53 (1961) 401-4634; Lett. Encycl. Pacem in terris, AAS 55 (1963) 257-304; PAUL VI, Lett. encycl. Populorum Progressio, AAS 59 (1967) 205-299; Lett. apost. Octogesima adveniens, AAS 63 (1971) 401441.
[12] Cf. JEAN-PAUL II, Encycl. Centesimus annus, n. 46, AAS 83 (1991) 793-867; Encycl. Veritatis splendor, n. 101, AAS 85 (1993) 1133-1228; Discorso al Parlamento italiano in seduta pubblicae comune, L'Osservatore Romano, 14-XI-2002, n. 5.
[13] Cf. JEAN-PAUL II, Encycl. Evangelium vitae, n. 22, AAS 87 (1995) 401.522.
[14] Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n.76.
[15] CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n.75.
[16] Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, nn.43 et 75.
[17] Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n.25.
[18] CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 73.
[19] Cf. JEAN-PAUL II, Encycl. Evangelium vitae, n.73.
[20] Ibid.
[21] CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 75.
[22] Catéchisme de l'Église catholique, n. 2304.
[23] Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 76.
[24] JEAN-PAUL II, Message pour la célébration de la Journée mondiale de la Paix 1991: Si tu veux la paix, respecte la conscience de tout homme”, IV, AAS 83 (1991) 410-421.
[25] JEAN-PAUL II, Exhort. apost. Christifideles laici, n. 59. Le passage cité est du CONC. Oecum. VAT. II, Décr. Apostolicam actuositatem, n. 4.
[26] JEAN-PAUL II, Discours au Corps diplomatique accrédité près le Saint Siège, in L'Osservatore Romano, 11 janvier 2002.
[27] JEAN-PAUL II, Lett. encycl. Fides et ratio, n. 90, AAS 91 (1999) 5-88
[28] Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Décl. Dignitatis humanae, n. 1: “Le Concile déclare que Dieu a lui-même fait connaître au genre humain la voie la voie par laquelle en le servant, les hommes peuvent obtenir le salut et parvenir à la béatitude. Cette unique vraie religion, nous croyons qu'elle subsiste dans l'Eglise catholique et apostolique”. Cela n'empêche pas l'Église de considérer avec un vrai respect les différentes traditions religieuses, et même de reconnaître qu'il y a en elles des “éléments de vérité et de bonté”. Cf. CONC. Oecum. VAT. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 16; Décr. Ad gentes, n. 11; Décl. Nostra aÉtate, n. 2; JEAN-PAUL II, Lett. encycl. Redemptoris missio, n. 55, AAS 83 (1991) 249-340; CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Décl. Dominus Jesus, nn. 2; 8; 21, AAS. 92 (2000) 742-765.
[29] Cf. PAUL VI, Discours au Sacré Collège et à la Prélature romaine, in “Insegnamenti di Paolo VI” 14 (1976), 1088-1089.
[30] Cf. PIE IX, Encycl. Quanta cura, AAS 3 (1867) 162; LÉON XIII, Encycl. Immortale Dei, ASS 18 (1885) 170-171; Pio XI, Enc. Quas Primas, AAS 17 (1925) 604-605: Catéchisme de l'Église catholique, n. 2108; CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Décl. Dominus Jesus, n. 22.
[31] CONC. Oecum. VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 43. Cf. aussi JEAN-PAUL II, Exhort. apost. Christifideles laici, n. 59.

Via PF.

mercredi, 20 avril 2005

Grâce et paix en abondance sur vous tous

CITE DU VATICAN, 20 AVR 2005 (VIS). Voici la traduction complète du Message
lu en latin par Benoît XVI à l'issue de la Messe concélébrée ce matin en la
Chapelle Sixtine avec le Sacré Collège:

"Grâce et paix en abondance sur vous tous! En ces heures deux sentiments
contrastants cohabitent en moi. D'une part un sens d'inadéquation et de
tourment humain pour la responsabilité qui m'a été confiée hier, comme
Successeur de l'apôtre Pierre à ce Siège de Rome, à l'égard de l'Eglise
universelle. D'autre part, je ressens une profonde gratitude envers Dieu,
qui -comme il nous le fait chanter au cours de cette liturgie- n'abandonne
pas son troupeau, mais le conduit à travers les temps, guidé par ceux que
Lui-même a élu vicaires de son Fils et a constitué pasteurs".

"Très chers frères, cette intime reconnaissance pour un don de la divine
miséricorde l'emporte malgré tout dans mon cour. Et je considère cela comme
une grâce spéciale obtenue de mon vénéré prédécesseur, Jean-Paul II. J'ai
l'impression de sentir sa forte main qui serre la mienne. J'ai l'impression
de voir ses yeux souriants et d'entendre ses mots, qui me sont
particulièrement destinés en ce moment: N'aie pas peur!".

"La mort du Pape Jean-Paul II, et les jours qui ont suivis, ont été pour
l'Eglise et le monde entier un extraordinaire temps de grâce. La grande
douleur de sa disparition et le sens de vide qu'il a laissé chez tous sont
tempérés par l'action du Christ ressuscité, qui s'est manifestée pendant de
longues journées dans l'unanime vague de Foi, d'amour et de solidarité
spirituelle qui a eu son point culminant lors de ses obsèques solennelles".

"Nous pouvons le dire, les funérailles de Jean-Paul II ont été une
expérience vraiment extraordinaire au cours de laquelle on a perçu la
puissance de Dieu qui, à travers son Eglise, veut faire de tous les peuples
une grande famille, par la force unificatrice de la Vérité et de l'Amour. A
l'heure de la mort, à l'image de son Maître et Seigneur, Jean-Paul II a
couronné son long et fécond pontificat, confirmant le peuple chrétien dans
la Foi, le réunissant autour de lui et faisant sentir toute la famille
humaine plus unie".

"Comment ne pas se sentir soutenu par ce témoignage? Comment ne pas
ressentir l'encouragement qui provient de cet événement de grâce?".

"A la grande surprise de toutes mes prévisions, la divine Providence, par
le vote des vénérables Pères Cardinaux, m'a appelé à succéder à ce grand
Pape. En ces heures, je repense à ce qui s'est passé dans la région de
Césarée de Philippe, il y a plus de deux mille ans. J'ai l'impression
d'entendre les mots de Pierre: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, et
l'affirmation solennelle du Seigneur: Tu es Pierre et sur cette pierre je
bâtirai mon Eglise... Je te donnerai les clés du royaume des cieux".

"Tu es le Christ! Tu es Pierre! J'ai l'impression de revivre la même scène
évangélique. Moi, Successeur de Pierre, je répète avec anxiété les paroles
inquiètes du pêcheur de Galilée et de nouveau j'écoute avec une intime
émotion la promesse rassurante du divin Maître. Si le poids de la
responsabilité qui se reverse sur mes pauvres épaules est énorme, la
puissance divine sur laquelle je peux compter est certainement démesurée: Tu
es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. En me choisissant comme
Evêque de Rome, le Seigneur a voulu que je sois son Vicaire, il a voulu que
je sois la 'pierre' sur laquelle tous peuvent s'appuyer en sécurité. Je lui
demande de suppléer la pauvreté de mes forces, pour que je sois le courageux
et fidèle Pasteur de son troupeau, toujours docile aux inspirations de son
Esprit".

"Je m'apprête à entreprendre ce ministère particulier, le ministère
'pétrinien' au service de l'Eglise universelle, m'abandonnant humblement
dans les mains de la providence de Dieu. Et c'est avant tout au Christ que
je renouvelle ma totale et confiante adhésion: In Te, Domine, speravi. Non
confundar in Aeternum!".

"A vous, Messieurs les Cardinaux, avec une âme reconnaissante pour la
confiance que vous m'avez démontrée, je vous demande de me soutenir par la
prière et la collaboration constante, active et sage. Je demande également à
tous les frères de l'épiscopat de m'être proches par la prière et le
conseil, afin que je puisse vraiment être le Servus Servorum Dei. A l'image
de Pierre et des autres Apôtres qui ont constitué sur la volonté du Seigneur
un unique Collège apostolique, de même le successeur de Pierre et les
Evêques, successeurs des Apôtres, -le Concile l'a redit avec force- doivent
être étroitement unis entre eux. Cette communion collégiale, bien que dans
la diversité des rôles et des fonctions du Pontife Romain et des Evêques,
est au service de l'Eglise et de l'unité dans la Foi, de laquelle dépend en
grande partie l'efficacité de l'action évangélisatrice du monde
contemporain. C'est donc dans cette voie, dans laquelle ont avancé mes
vénérables prédécesseurs, que j'entends avancer moi aussi, seulement
préoccupé de proclamer au monde entier la présence vivante du Christ".

"J'ai en particulier devant moi le témoignage de Jean-Paul II, qui a
laissé une Eglise plus courageuse, plus libre, plus jeune. Une Eglise qui,
selon son enseignement et son exemple, regarde avec sérénité le passé et qui
n'a pas peur de l'avenir. Le Grand Jubilée l'a introduite dans le nouveau
millénaire portant dans ses mains l'Evangéliaire, donné au monde actuel par
la lecture influente du Concile Vatican II. Justement Jean-Paul II a
conseillé de prendre le Concile comme 'boussole' pour s'orienter dans le
vaste océan du troisième millénaire. Egalement dans son testament spirituel
il a écrit 'Je suis convaincu que pendant de longues années encore, les
nouvelles générations puiseront dans les richesses que ce Concile du XX
siècle nous a accordées'".

Je veux donc, moi aussi, au moment d'entreprendre ce service de Successeur
de Pierre, affirmer avec force la décisive volonté de poursuivre
l'engagement de la réalisation du Concile Vatican II, sur les traces de mes
prédécesseurs et dans la fidèle continuité avec la tradition bimillénaire de
l'Eglise. Justement cette année, on fêtera le 40 anniversaire de la
conclusion de ces assises conciliaires (8.12.1965). Les années passant, les
documents conciliaires restent d'actualité, leurs enseignements se révèlent
particulièrement pertinents par rapport aux nouvelles instances de l'Eglise
et la société globale actuelle".

"Il est significatif que mon pontificat s'ouvre tandis que l'Eglise vit
l'Année de l'Eucharistie. Comment ne pas voir dans cette coïncidence
providentielle un élément qui doit caractériser le ministère auquel je suis
appelé? Coeur de la vie chrétienne et source de la mission évangélisatrice
de l'Eglise, l'Eucharistie ne peut être que le coeur du service pétrinien
qui m'a été confié".

"L'Eucharistie rend permanente la présence du Christ ressuscité, qui
continue de se donner à nous et nous appelle à prendre part au banquet de
son Corps et de son Sang. De la pleine communion avec lui découlent tous les
autres éléments de la vie de l'Eglise, avant tout la communion entre tous
les fidèles, puis l'engagement à annoncer et à témoigner de l'Evangile,
l'ardeur de la charité envers tous, vers les pauvres et les petits tout
spécialement".

"C'est pourquoi cette année la Solennité du Corpus Domini devra être
célébrée avec un relief tout particulier. Et l'Eucharistie sera également au
coeur de la Journée mondiale de la Jeunesse en août à Cologne et du Synode
des Evêques qui se réunira en octobre autour du thème: 'L'Eucharistie,
source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise'. Je demande à tous
d'intensifier ces mois à venir l'amour et la dévotion envers
Jésus-Eucharistie en exprimant de façon décidée et claire la foi en la
présence réelle du Seigneur, dans le soin d'abord de célébrer".

"Je le demande de façon particulière aux prêtres, auxquels je pense en ce
moment avec une grande affection. Le sacerdoce ministériel est né au Cénacle
avec l'Eucharistie , comme l'a rappelé tant de fois mon vénérable
prédécesseur Jean-Paul II. La vie sacerdotale doit avoir avant tout une
forme eucharistique, a-t-il écrit dans sa dernière Lettre du Jeudi Saint.
L'impeccable célébration de la Messe quotidienne, coeur de la vie et de la
mission de tout prêtre, doit y contribuer fortement".

"Alimentés et soutenus par l'Eucharistie, les catholiques ne peuvent que
se sentir stimulés à la pleine unité que le Christ a ardemment souhaité au
Cénacle. De ce lien suprême avec le Divin Maître, le Successeur de Pierre
doit se charger tout particulièrement car c'est à lui qu'a été confié le
rôle de confirmer les frères dans la Foi".

"A l'aube de son ministère dans l'Eglise de Rome, que Pierre a marqué de
son sang, c'est avec grande conscience que le nouveau Pape s'engage
fortement à oeuvrer sans relâche ni économie d'énergie à reconstituer la
pleine et visible unité de tous les fidèles du Christ. Telle est son
ambition, le devoir urgent qui l'appelle. Il est conscient que les
déclarations et les bons sentiments ne suffiront pas car il faut en effet
des gestes concrets, des gestes qui entrent dans les âmes, émeuvent les
consciences, qui sollicitent la conversion intérieure de chacun de nous.
C'est la condition de tout progrès dans la voie de l'oecuménisme".

"Le dialogue théologique est nécessaire. L'approfondissement de la
motivation historique des choix faits par le passé est tout aussi
indispensable. Mais la priorité est bel et bien la purification de la
mémoire, si souvent évoquée par Jean-Paul II, qui seule peut disposer les
âmes à accueillir la plénitude de la vérité du Christ. Devant lui, Juge
suprême de tout être, face à qui chacun de nous doit se placer dans la
perspective de devoir lui rendre un jour compte de ce qu'il a fait ou non
envers l'unité de ses disciples".

"L'actuel Successeur de Pierre se laisse personnellement interpeller par
cette question, prêt à faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire
avancer la cause fondamentale de l'oecuménisme. A la suite de ses
prédécesseurs, il est tout à fait déterminé à cultiver toute initiative
pouvant se présenter comme opportune pour développer contacts et ententes
avec les représentants des diverses Eglises et communautés chrétiennes. En
cette occasion, il leur adresse un salut cordial dans le Christ, l'unique
Seigneur".

"En ce moment, me reviens à l'esprit l'expérience inoubliable que nous
avons tous vécue lors de la mort et des funérailles de Jean-Paul II. Autour
de son cercueil posé à terre, les chefs d'état et des personnes de tout
horizon, de nombreux jeunes aussi, se sont inclinés dans un mouvement
d'affection et d'admiration. Le monde tout entier avait confiance en lui et
beaucoup on estimé que cette intense émotion, amplifiée et diffusé de par le
monde par les médias, a exprimé un appel à l'aide adressé au Pape par
l'humanité, par une humanité tourmentée par l'incertitude et la crainte, qui
s'interroge sur son destin".

"L'Eglise doit aujourd'hui raviver en elle la conscience de sa mission,
qui est de re-proposer au monde la voix de celui qui a dit: 'Je suis la
lumière du monde. Qui marchera à ma suite ne sera plus dans les ténèbres, et
recevra la lumière de la vie'. En inaugurant son ministère, le nouveau Pape
sait que son devoir est de faire resplendir devant les femmes et les hommes
la lumière du Christ, non la sienne mais celle du Christ".

"C'est avec cet engagement que je m'adresse à vous tous, y compris à ceux
qui adhérent à d'autres religions ou simplement sont à la recherche d'une
réponse aux questions fondamentales de la vie, et à qui ne l'a toujours pas
trouvée. Avec simplicité, avec affection, je veux vous assurer que l'Eglise
entend poursuivre avec eux un dialogue ouvert et sincère, à la recherche du
véritable bien de l'homme et de la société".

"Je demande à Dieu de donner l'unité et la paix à la famille humaine et
déclare la disponibilité de tous les catholiques à collaborer à un réel
développement social, dans le respect de la dignité de tout être humain":

"Je n'écarterai aucun effort ou application à poursuivre le dialogue
prometteur engagé de mes prédécesseurs avec les divers courants de
civilisation, de manière aussi qu'une compréhension partagée dégage les
conditions d'un avenir commun meilleur".

"Tout particulièrement, je pense aux jeunes. Toute mon affection est
acquise à ces interlocuteurs privilégiés de Jean-Paul II, dans l'attente si
Dieu le veut de les rencontrer prochainement à Cologne. Je continuerai à
dialoguer avec vous, chers jeunes, qui êtes l'avenir et l'espérance de
l'Eglise et de l'humanité. J'écouterai vos attentes de manière à pouvoir
vous aider à rencontrer toujours plus profondément le Christ vivant,
éternellement jeune".

"Mane Nobiscum Domine! L'invocation dominante de la Lettre apostolique de
Jean-Paul II pour l'Année eucharistique est la prière qui s'échappe
naturellement de mon coeur tandis que j'entreprends le ministère auquel le
Christ m'a appelé. A la suite de Pierre, c'est à lui que je renouvelle ma
promesse de fidélité absolue. C'est lui seul que j'entends servir, en me
consacrant totalement au service de son Eglise".

"J'invoque la maternelle intercession de Marie pour soutenir cet
engagement. Dans ses mains je place mon présent et mon avenir, ceux aussi de
l'Eglise. Puissent aussi les saints Apôtres Pierre et Paul, et tous les
saints, intercéder pour nous".

"Vénérés frères Cardinaux, c'est rempli de ces sentiments que j'adresse
une bénédiction affectueuse, ainsi à tous ceux qui assistent à cette Messe
ou la suivent via radio et télévision".

vendredi, 01 avril 2005

Viva il Papa

Sa Sainteté Jean-Paul II nous a quitté.Pour beaucoup de catholiques de ma génération, c'est le seul Pape que nous avons connu. Que son âme repose en paix. J'espère que son successeur sera italien.

mardi, 29 mars 2005

Léprechaune

Bon, ça y est, j'en suis dorénavant certain : j'ai un leprechaun à la maison. Je refuse de croire que je puisse perdre mon Leatherman dans une salle de bains de 10 m², mais de surcroit les deux exemplaires de ma déclaration de revenus, mon bulletin de salaire de décembre, un récapitulatif annuel et le livret explicatif des impôts dans la même pièce. Je vais faire appel à un désenvouteur. Ou alors acheter plein de poules en chocolat en espérant qu'il me rende en échange ma déclaration et mon multitool avant vendredi ?

vendredi, 25 mars 2005

Crucifiement

Par les quatre horizons qui crucifient le monde,
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins :
Je vous salue, Marie.

- Francis Jammes

Jésus meurt sur la Croix (Mt 27, 33)
« Tu rachetas pour Dieu, au prix de Ton sang, des hommes de toute race, langue, peuple et nation » (Ap 5, 9)
Jésus meurt sur Sa Croix. Jésus n'a plus rien, plus une goutte de sang. Il a tout donné pour nous racheter.
Donne-nous la conscience de l'amour unique que Tu as pour chacun de nous.
Fruit de ce mystère : le don de soi à œuvre de la Rédemption.
Grâces à demander : pardonner à tous ceux qui nous ont fait du mal ; accepter en chrétien la perspective de la mort ; compatir aux souffrances de la sainte Vierge ; se rappeler qu'Elle est devenue notre mère au Calvaire.
Intentions de prière : pour les prêtres qui renouvellent pour nous le sacrifice du Christ ; les mourants ; les défunts ; les persécuteurs ; les ennemis ; tous ceux qui sont en deuil.
Que la Rédemption rassemble tous les hommes dans le Christ.

Notre Père,
Qui es aux cieux,
Que Ton Nom soit sanctifié,
Que Ton règne vienne,
Que Ta volonté soit faite,
Sur la terre, comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui
Notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons
A ceux qui nous ont offensé.
Et ne nous soumet pas à la tentation,
Mais délivre-nous du mal.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
au Dieu qui est,
qui était et qui vient,
maintenant et toujours
pour les siècles des siècles.
Amen.

Portement de Croix

Par votre modestie offrant des tourterelles,
par le vieux Siméon pleurant devant l'autel,
par la prophétesse Anne et par votre mère Anne,
par l'obscur charpentier qui, courbé sur sa canne
suivait avec douceur les petits pas de l'âne :
Je vous salue, Marie.

- Francis Jammes

Le Portement de la Croix (Lc 22, 26)
« S'accablant lui-même de leurs fautes » (Is 53, 11)
Jésus porte sa Croix. Jésus n'a pas choisi Sa Croix, Il a pris celle qui Lui a été jetée sur les épaules, et elle est écrasante pour Lui.
Seigneur Jésus, accorde-nous la compassion et la persévérance dans l'amour.
Fruit de ce mystère : la patience et la miséricorde.
Grâces à demander : garder le courage dans les difficultés ; progresser à travers les épreuves ; se relever après les chutes ; penser à aider les autres ; compatir à leurs souffrances ; accepter de se faire aider ; supporter la monotonie du devoir d'état.
Intentions de prière : pour ceux qui ont un travail accablant ; ceux qui luttent pour sortir du
péché ; les parents qui voient souffrir leurs enfants ; ceux qui se dévouent aux malades et aux malheureux.
Que la misère et la lassitude du monde l'acheminent vers sa rédemption.

Notre Père,
Qui es aux cieux,
Que Ton Nom soit sanctifié,
Que Ton règne vienne,
Que Ta volonté soit faite,
Sur la terre, comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui
Notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons
A ceux qui nous ont offensé.
Et ne nous soumet pas à la tentation,
Mais délivre-nous du mal.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
au Dieu qui est,
qui était et qui vient,
maintenant et toujours
pour les siècles des siècles.
Amen.

Couronnement d'épines

Par le mendiant qui n'eut jamais d'autre couronne,
Que le vol des frelons, amis des vergers jaunes,
Et d'autre sceptre qu'un bâton contre les chiens ;
Par le poète dont saigne le front qui est ceint
Des ronces des désirs que jamais il n'atteint :
Je vous salue, Marie.

- Francis Jammes

Le Couronnement (Mt 26, 27)
« Je suis haut et saint, mais je suis avec l'homme contrit et humilié » (Is 57, 15)
Jésus est couronné d'épines. C'est pour se moquer de Lui que les soldats Lui ont mis cette couronne d'épines, parce qu'Il s'est dit roi.
Délivre-nous, Seigneur, de l'Esprit de domination et de Vanité.
Fruit de ce mystère : la mortification de l'orgueil.
Grâces à demander : ne pas rechercher les succès et les louanges ; refuser toute pensée d'orgueil, de vanité ; se soumettre à l'autorité ; accepter les humiliations.
Intentions de prière : pour ceux qui détiennent l'autorité ; ceux à qui nous sommes soumis personnellement ; tous les gens méprisés par le monde ; les aigris ; les épaves de la vie.
Que le monde reconnaisse Dieu dans toute autorité légitime ; que les nations se soumettent à la royauté de Dieu.

Notre Père,
Qui es aux cieux,
Que Ton Nom soit sanctifié,
Que Ton règne vienne,
Que Ta volonté soit faite,
Sur la terre, comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui
Notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons
A ceux qui nous ont offensé.
Et ne nous soumet pas à la tentation,
Mais délivre-nous du mal.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ;
le Seigneur est avec Vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de Vos entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pêcheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
au Dieu qui est,
qui était et qui vient,
maintenant et toujours
pour les siècles des siècles.
Amen.

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