dimanche, 06 août 2006
Les Amoureux
Je crois que les Amoureux, de Catherine Corsini, est le premier film d'auteur qui m'ait jamais intéressé. Je l'ai attendu pendant des mois, je me souviens encore de l'article de Télérama photocopié au CDI. On y voyait une photo du film, Pascal Cervo sur son scooter, avec Nathalie Richard serrée contre lui, le nez dans son bombers.
Evidemment, il n'est jamais passé dans mon bled, peut-être bien au Mercury mais je ne connaissais pas encore son existence, à l'époque.Curieusement, je trouvais Nathalie Richard très séduisante (enfin, ce n'est pas le mot le plus prioritaire dans l'esprit d'un gamin de seize ans). J'étais un fanatique de sa chanson, celle du générique. Ah oui, j'ai finalement réussi à le voir, au bout de quelques mois, en le faisant enregistrer par quelqu'un lors de son passage sur Canal +.J'ai gardé la cassette quelques années, et j'ai récupéré à la suite Pink Narcissus, et puis un jour la cassette s'est usée à force de la regarder. Regarder les Amoureux, bien sûr, pas Pink Narcissus qui est un peu chiant.
Evidemment, j'ai suivi un moment la carrière de Corsini (particulièrment le très intéressant Jeunesse sans Dieu, avec Pascal Cervo qui joue là encore un petit rôle). Je crois que c'était ma réalisatrice française préférée, dans les années quatre-vingt-dix, avec Laurence Ferreira-Barbosa, dont j'avais beaucoup aimé le téléfilm qu'elle avait tourné à Nice, Paix et amour, pour la série d'Arte, Tous les garçons et les filles de leur âge, avec Gil Novi.
Les Amoureux, c'est Pascal Cervo (que je trouvais héroïque à l'époque) et Nathalie Richard (que je trouvais charmante, à l'époque). Et aussi une chanson de John Cale, You know more than I know, qui passe en fond sonore dans une scène de café - le lieu, pas la boisson. J'avoue qu'à l'époque, je n'avais pas dû la remarquer, obnubilé que j'étais par la chanson de Nathalie Richard (qui chante comme une patate, en vrai, avec des rimes très très riches). Elle est magnifique - la chanson, pas Nathalie Richard, qui est jolie, mais en peu maigre, et beaucoup moins sexy que dans mon souvenir, je ne sais pas pourquoi - mais dix ans après, j'ai bien le droit d'évoluer un peu dans mes goûts féminins. Ah oui, et la chanson de fin, un tube de dance un peu ringard qui passe dans une fête foraine, Move your body je crois. La chanson arrive sur un Pascal Cervo qui vient d'arracher un baiser à son meilleur ami (ex-meilleur ami) après s'être fait sodomiser et s'être coupé les cheveux (pas forcément dans cet ordre) et qui part à l'aventure, au milieu des lumières de la fête foraine. C'est sublime. C'est une des plus belles scènes de cinéma que j'ai jamais vu, surtout que ça se passe en Ardenne, et finalement, je ne connais des Ardennes que Rimbaud et les Amoureux. Donc Pascal Cervo est un petit pédé dans un bled ardennais, et Nathalie Richard sa soeur, qui a fait vaguement la pute à Marseille et qui tente de se recycler en faisant la pute dans les Ardennes. Il m'a semblé reconnaître Clovis Cornillac qui roule en tuning de Renault 30, et il y a aussi Isabelle Nanty qui joue la meilleure amie et entremetteuse de Nathalie Richard.
C'est donc un film qui a douze ans. Et que j'ai dû revoir pour la dernière fois vers 1998. Et franchement, ça n'a pas si mal vieilli que ça, en tenant compte du fait que Pascal Cervo faisait super gay à l'époque (et un peu pataud), ce qui prouve que c'est plutôt un bon acteur, que Nathalie Richard chante comme une patate (une jolie patate un peu maigre, quand même), et que les Ardennes ça craint un max. Sinon, Pascal Cervo a tourné un rôle similaire mais inverse avec Gaël Morel dans A toute vitesse. Un très bon film très sous-estimé, dans mon souvenir, mais je suis très fan du téchinéen Morel, donc je ne suis pas forcément impartial.
14:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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