samedi, 12 mars 2005
Faire du feu
Faire du feu est une question de pratique et d'entraînement, et aucune indication écrite ne pourrait remplacer l'expérience directe. Les quelques conseils ci-dessous n'auront donc d'utilité qu'après leur expérimentation directe. Attention néanmoins à prendre toutes ses précautions pour éviter la propagation du feu en incendie incontrolé (un bidon de 20 litres d'eau suffira à parer à toute éventualité) et à respecter les reglementations locales.
1° ôter soigneusement tout herbe ou feuille sèche dans un rayon de deux mètres autour du foyer. (cf. fig. 1).
2° Faire toute la provision de bois en une seule fois, brindilles et gros bois sec ; la placer près du foyer du côté d'où vient le vent (ne jamais faire un trop grand feu. Vous gaspilleriez du bois sans avoir plus de chaleur).
3° Mettre quelques morceaux de bois à plat si la terre est humide. Cette sole S, facilitera le tirage T (cf. fig. 2).
4° Planter, dans le sens du vent, une baguette oblique B.
5° Disposer sur le plancher S les matériaux d'allumage (cf. fig. 3) : mèches en papier torsadé M ; bûchettes fendues en allumettes F ; allume-feu A taillés au couteau, pommes de pin P, brindilles épineuses bien sèches (ajoncs, aubépine, etc...) E ; paille, etc.
6° Recouvrir par une toiture de brindilles fines posées sur B (cf. fig. 4). Ces brindilles doivent être en contact avec les matériaux d'allumage.
7° Continuer la couverture en augmentant le diamètre des bûchettes ; bien fermer l'extrémité basse de la "hutte" (cf. fig. 5).
8° Allumer à l'entrée, sans empêcher le vent de s'engouffrer à l'intérieur. Ne plus rien toucher et ne pas souffler. En moins d'une minute, la flamme, claire et chaude, jaillira.
Remarque : si, par hasard, le feu ne prend pas, on peut regarnir par l'entrée, avec des matériaux d'allumage, sans toucher au bois qui a déjà subi un premier chauffage.

ENTRETIEN
Pour entretenir un feu sous la pluie, il faut placer les morceaux de bois humide à proximité du feu pour commencer à sécher ces bois avant de les brûler.
En cas de grand vent, utiliser le vent pour le tirage, en orientant le foyer dans le sens du vent. Placer le bois humide à sécher sous le vent ; le bois sec à brûler au vent.
LES FOYERS
Avec l'expérience, on se rend compte que les feux du genre "tranchée", ou fossés, étaient fatigant à entretenir parce que trop bas. En outre, l'accès de l'air y est souvent difficile.
On fait donc de préférence des feux au niveau du sol et même plus haut si possible.
I. Feu en mottes
C'est le modèle le plus simple pour un repas en sortie. Avec la pelle, on découpe dans un sol herbeux deux mottes de gazon : largeur de la pelle, longueur double (cf. fig. 1). Il faut prendre quelques précautions pour extraire ces mottes. On doit bien les couper totu autour et les soulever légèrement aux deux bouts pour les détacher au fond du trou (cf. fig. 1b). On les transporte à deux mains en évitant de les briser. Ces mottes sont disposées parallèlement pour supporter la marmite.
Le trou T reçoit les épluchures, vieux papiers et, finalement, les cendres du foyer éteint. Puis on replace les mottes dans leur logement et on tasse proprement avant de partir.
II. Feu de paresseux
Allumer le feu contre une grosse bûche B (cf. fig. 3). Le feu est alimenté par deux ou trois autres bûches que l'on pousse vers le feu par un bout, à mesure qu'elles se consument. Prendre soin de faire reposer ces bûches sur de petits rouleaux en bois R : elles rouleront mieux, mais, surtout, l'air pourra activer le feu en passant dessous.
III. Feu de trappeur
Préparer deux grosses bûches de 70 cm à 1 mètre envion : on y fait deux encoches E, E, puis on les entaille sur tout un côté H, afin d'enlever l'écorce et le bois tendre (cf. fig. 4).
Disposer ces bûches côte à côte sur deux supprts S,S (les encoches E empêchent les bûches de rouler). Les bûches ainsi surélevées, l'air circule par-dessous pour activer le tirage. On peur rapprocher ou écarter les bûches selon le diamètre des récipients.
N.B. : Les parties écorcées H, se font face, à l'intérieur du foyer. Le bois dur s'enflamme moins facilement que l'écorce. Si on peut utiliser pour ces bûches du bois fraîchement abattu, le foyer durera plus longtemps.
Suspension des récipients - la figure 2 montre comment fixer un bâton fourchu entre une autre petite fourche F et un crochet de bois C. Une suite de demi-clefs et un noeud de batelier N assurent le réglage en hauteur de la suspension.
IV. Feu à réflecteur.
Quelques grosses bûches maintenues par quatre perches forment le réflecteur (cf. fig. 5). On allume le feu du côté d'où vient le vent. Les flammes, en léchant les bûches, les transforment en un "mur de braises" qui dégage une chaleur intense. Ce feu est utilisé pour cuire les rôtis. On doit prévoir un récipient pour recueillir le jus et la graisse fondue avec lesquels on arrose la viande. Le rôti doit être suspendu par un fil de fer F (une ficelle brûlerait) ; mais il faut, tout en haut, un morceau de ficelle f qui permet au rôti de tourner lentement.

V. Feu à ragoût.
Creuser un trou dans le sol, son diamètre étant d'une largeur de main plus grand que le diamètre de la marmite.
Allumer un bon feu au fond du trou. Placer la marmite suspendue et à peine engagée dans le trou. Ce feu est entretenu par des bûchettes introduites tout autour du récipient et qui descendent par leur propre poids en brûlant. La chaleur est douce, régulière et continue (cf. fig. 6).
VI. Feu surélevé
C'est le foyer le plus pratique pour les camps. Sur une table en rondins de 45 cm de haut maximum (on fait toujours trop haut), établir une "sole" en mottes de gazon épaisses ou en tout autre substance incombustible. Construire les feux par-dessus, en pierres-briques, etc... On peut abriter la provision de bois sous la table (cf. fig. 7).
VII. Feu polynésien.
Certainement le foyer le plus difficile à bien utiliser. Trou de 30 à 40 cm de largeur et de 20 à 30 cm de profondeur. Garnir le fond avec un ou deux épaisseurs de pierres plates. Lorsqu'il y a une bonne couche de braises et que les pierres sont très chaudes, balayer les cendres et placer rapidement la viande ou le poisson à même les pierres. Recouvrir alors le tout avec une claie et des mottes de gazon en bouchant hermétiquement (cf. fig. 8).
En pratique, les feux que l'ont fera dépendront des matériaux trouvés sur place. Ils pourront donc être des combinaisons des divers modèles décrits dans ce chapitre.

COMMENT EVITER LES INCENDIES
- choisir un endroit dégagé, autour mais également en hauteur. Eviter en particulier de faire un feu sous un arbre.
- dégager le sol sur un diamètre d'environ deux mètres de toutes les herbes ou feuilles sèches qui pourraient communiquer le feu aux alentours.
- ne jamais laisser le feu sans surveillance.
- pour éteindre le feu, séparer légèrement les braises, les écraser, les noyer, puis les recouvrir de terre humide. Ne jamais disperser ni enterrer de braises, avant de s'assurer qu'elles sont éteintes et refroidies, le feu se propageant souvent dans le sol par les racines ou les feuilles. Tous les gros brandons doivent être retournées et arrosés sur les deux faces.
Source : Manuel de l'Eclaireur Unioniste
20:55 Publié dans Survivalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Les commentaires sont fermés.